Quelle mangeuse êtes-vous ?
Dis-moi avec quoi tu manges, je te dirai qui tu es, si c'est bon pour toi ou s'il faut changer d'ustensiles.
Avec des baguettes
Le principe :
quand on mange avec des baguettes, impossible de couper, d'agripper, de mutiler, de percer.
Voilà qui comble notre approche pacifiste de la cuisine.
Pourquoi c'est bien :
les baguettes divisent les portions et ne facilitent pas la vie de ceux qui dévorent comme des ogres.
Avec elles, on ne peut pas y aller à la louche ni avaler tout et n'importe quoi.
Sont spontanément privilégiés : les sucres lents (riz, nouilles), les légumes, les sushis (protéines de poisson). Ce qui est tout bon pour la ligne et la santé.
De plus, l'exercice étant périlleux, il induit de prendre son temps et d'avaler de petites bouchées, sous peine de manger comme un cochon.
Or, comme le souligne le nutritionniste Patrick Sérog, tout ce qui conduit à faire attention à la manière dont on mange (bien mâcher, respirer, prendre so temps) favorise l'équilibre.
Pour qui ?
Pour toutes les personnes qui ont des comportements compulsifs face à la nourriture.
Celles qui mangent sans arrêt et sans s'en apercevoir (grignotage) ou qui ne font pas attention aux quantités qu'elles avalent.
Le fait de porter les aliments à la bouche avec des baguettes régule de fait le flux de nourriture, sans le côté douloureux imposé par la restriction.
Avec une fourchette.
Le principe :
Au dîner (on fait ce qu'on veut le reste de la journée), manger seulement des aliments que l'on pique avec une fourchette.
Est éliminé ce qui se prend à la cuillère (soupe, yaourt, salade de fruits, compote, etc) ou qui nécessite un couteau pour tartiner et pour couper.
Pourquoi c'est bien :
cette méthode, imaginée par un drole de polytechnicien qui voulait maigrir (Ivan Gavriloff, auteur, avec Sophie Troff, de "Dîne avec une fourchette", éd. Albin Michel), ne présente aucun danger d'après les spécialistes (psy, nutritionniste, endocrinologue) consultés.
On ne se prend plus la tête quand arrivent les plats en sauce, la glace ou la chantilly, celles-ci ne passeront pas les Fourches caudines des dents de la fourchette.
Convivialité et partage restent préservés. Ce qui est une bonne nouvelle, car le sentiment d'exclusion est la première raison d'abandon de régime.
Avec une fourchette, on dîne de légumes, de riz, de pâtes, de poisson. Ce qui est grandement suffisant pour se coucher l'estomac plein de nourriture digeste.
Pour qui ?
Celles qui ne supportent plus les diktats et les contraintes des régimes, mais veulent prendre du oids ou simplement contrôler leur alimentation.
Parfait aussi pour celles qui ont des rapports compliqués avec la nourriture.
Avec cette méthode, on déplace l'enjeu du régime, qui ne repose plus sur les aliments (bon ou mauvais) mais sur la façon dont ils sont consommés.
Avec les doigts : la brochette.
Le principe :
manger avec les doigts relève de la plus savoureuse des régressions.
L'idée est bien sûr de céder à ce plaisir mais aussi d'en faire un prétexte pour inventer de nouveaux plats qui se mangent à la main.
Pourquoi c'est bien :
avec les brochettes, nul besoin d'être experte pour être créative.
On fonce au supermarché pour remplir son chariot de fruits et de légumes faciles à travailler, et de lamelles de poulet, de lapin coupé en dés, de boulettes déjà prêtes.
On épluche, on découpe, on assemble des formes différentes, rondelles, carrés, tranches épaisses ou fines, joliment colorées, on crée des mélanges insolites en rapprochant les saveurs ou les couleurs.
De plus, les brochettes sont un astucieux moyen de garder la ligne en s'amusant, à condition de choisir ses ingrédients (la borchette de saucisse au barbecue n'a jamais ait maigrir personne).
Bonne nouvelle, la brochette, comme les tapas, n'encourage pas les excès. A condition de ne pas faire un repas complet derrière.
Pour qui ?
Pour celles qui, toute leur enfance, ont entendu " On ne mange pas avec les doigts et on ne s'amuse pas avec les aliments" et qui ont besoin de désacraliser la nourriture en jouant enfin avec.
Celles qui ont des difficultés à affronter une assiette pleine, qui ont peu d'appétit ou qui s'ennuient en mangeant.
Picorer est un excellent moyen de se réconcilier avec la nourriture.