A comme Auschwitz-Birkenau.

Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques découvrent cet enfer qui n'abrite plus que quelques milliers de déportés.
Les Allemands ont déjà évacué le camp avec les prisonners valides, encore aptes au travail. En hâte, ils ont détruit les crématoires. Mais les traces subsistent de ce qui fut la plus vaste "machine à tuer " de la guerre. Un outil génocidaire stupéfiant (on estime à un million le nombre de Juifs conduits dès leur arrivée et sans le moindre enregistrement, à la chambre à gaz ), mais non le seul, puisque 5 autres camps d'extermination, voués à la destruction systématique des Juifs, ont fonctionné en Pologne.
Chelmno, Treblinka, Sobibor, Belzec, Maïdanek ... Ces noms charriant près de deux millions de morts caractérisent pleinement, eux aussi, la singularité d'une "solution finale " mise en oeuvre de façon implacable.
Dès leur arrivée au pouvoir, les nazis avaient en effet multiplié les mesures discriminatoires contre les Juifs.
A partir de 1940, cette politique s'étend et se durçit dans tous les territoires occupés ; dès 1941 sur le front de l'Est, les Einsatzgruppen procèdent à des fusillades massives. Le processus génocidaire largement engagé, prend sa forme définitive à partir de 1942, et s'enfonce dans des abîmes d'inhumanité lorsqu'il donne carte blanche à des médecins bourreaux tel Mengele.
L'arsenal concentrationnaire se développe simultanément, les déportés résistants et politiques s'ajoutant aux déportés "raciaux" Juifs et Tziganes.
En 1943, une vingtaine de sites pacés sous le contrôle des SS, offre donc au Reich une main-d'oeuvre infinie, arrivant par convois entiers. Ces camps sont organisés en "Kommandos" qui, installés à l'intérieur ou à l'extérieur, bénéficient souvent aux grandes firmes allemandes.
Camp d'exterminaton et de concentration, Auschwitz cumule ainsi 38 Kommandos extérieurs, dont l'usine de Monowitz, dite "Auschwitz III", spécialisée dans le caoutchouc synthétique.
A Buchenwald, certains Kommandos sont affectés à la fabrication de pièces pour Messerschmitt ou Opel, d'autres aux aciéries Krupp...
Partout, la sous-alimentation, les interminables appels dans le froid et le vent, la rudesse des travaux forcés font de chaque déporté un homme ou une femme en sursis, voué à la mort lente.
A la Libération, les images des charniers et des survivants décharnés bouleversent les populations débarrassées du joug hitlérien.
Mais la réalité mutiple des camps et celle - très méthodique - de l'élimination des Juifs ne seront vraiment admises, évoquées, analysées que bien plus tard, lorsque l'Europe apaisée pourra enfin se confronter à son histoire.
Et dire le mal absolu ...
Pour ne qu'on n'oublie jamais.