Surtout ne jamais commencer ...

Publié le par Mayounette Mayounette

Ajourd'hui, Babou a 50 ans et une petite fille de 10 mois.

Il habite la Bretagne.

Il a choisi d'y vivre depuis 1982, pour décrocher, pour quitter Paris, son milieu, ses amis.

Après une dizaine d'années de toxicomanie - héroïne et morphine -, Babou s'en est sorti.

Mais il en a payé le prix.

Au début des années 80, l'accompagnement psychologique était balbutiant et les produits de substitution ( méthadone et Subutex ) plus que rares.

Babou a connu le sevrage à la dure.

"J'ai fait plusieurs cures. A l'hôpital Fernand-Vidal, on m'a sevré pendant une semaine. J'étais bouclé dans une chambre, sans rien. Dès que je suis sorti, je n'ai pensé qu'à une chose : trouver ma dose. Au centre de Marmottan, on me donnait des comprimés toutes les 3 h pour faire baisser ma tension. J'étais complètement déprimé. Je voulais tout casser. Je me suis fait virer. A Sainte-Anne, on m'a enfermé au deuxième étage d'un bâtiment. Impossible de sortir. L'ascenseur était vérouillé. Je devenais fou. Ma femme était au premier, on nous empêchait de nous voir, de communiquer. C'était horrible. "

Son parcours de toxico ressemble à celui de beaucoup d'autres à l'époque hippie.

"J'ai commencé à fumer mes premiers pétards vers 15 ans. Ce n'était pas une bouée de sauvetage, mais la recherche d'un idéal. Celui de la mouvance hippie, du rock. Je ne pensais qu'à une chose : voyager, voir le monde. Vers 17 ans, j'ai essayé l'héroïne. Au bout de 3 semaines, j'étais accro. Je me suis marié. Je suis parti sur la route : Turquie, Inde, Pakistan. Dans ces pays-là, il n'y avait aucun problèmes d'approvisionnement. On trouvait pour rien des cachets de morphine à la pharmacie. Forcément, j'ai continué, comme la plupart des Européens séjournant à Goa. C'était aussi facile que de fumer des cigarettes, un plaisir immense en plus. A mon retour en France, les ennuis ont commencé. Il a fallu trouver un appartement, de l'argent ( 2 grammes d'héroïne par jour représentent 300 € ) et surtout de la dope. C'était le début des trafics. On commençait à prendre des risques. Je suis retourné en Inde pour chercher de la drogue et la revendre ici. Je me suis rendu compte que je ne vivais plus que pour ça, que je passais mon temps à courir après la came. "

Babou décide d'arrêter. 

Seul, sans sa femme, dont il se sépare à ce moment-là.

"Cette attitude est fréquente chez les couples de toxicos", confirme le psychiatre Alain Morel, directeur médical du centre de soins spécialisés Le Trait d'Union, à Boulogne ( 92 ).

"C'est très difficile de décorcher ensemble. Mais il faut le dire et le répéter : arrêter, c'est possible. Il ne faut pas désespérer, jamais lâcher prise. Si la rupture avec le milieu de la drogue - copains de galère, dealer - est obligatoire, il est primordial de conserver des liens avec son milieu naturel, sa famille, sa culture, ses traditions."

Pour Babou, la dope, c'est maintenant de l'histoire ancienne.

Mais il reconnaît qu'il ne faut pas le tenter.

"Je sais que je ne dois pas retourner en Inde. Qu'il ne faut surtout pas me proposer un business, je retomberais aussitôt."    

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Publié dans mayounette

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N
:) a ba la drogue la clope et lalcool<br /> smoke and drink it's the die for ever<br /> big kiss<br /> nad
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