Esclavage sexuel : Matiada organise la lutte.

Publié le par Mayounette

Quand on propose à Catrina, Moldave de 21 ans, un job de serveuse en Italie, elle accepte, ravie.

Son projet va tourner au cauchemar.

Violée, battue, séquestrée à Belgrade, livrée par des douaniers à un trafiquant albanais, son "voyage" se termine en banlieue parisienne, où l'attendent certes de nouveaux papiers, mais aussi un travail obligatoire de ... prostituée.
Catrina venait d'entrer dans le "club" des 700 000 victimes de l'esclavage sexuel.

C'est pour elles que la jeune juriste Matiada Ngalikpima se bat. Responsable juridique de la fondation Scelles (qui lutte contre toutes les formes d'exploitation sexuelle www.fondationscelles.org ), elle a planché 3 ans sur les juridictions de 23 pays contre ce fléau.

"Pour que la lutte soit efficace, tous les pays doivent travailler sur la même base juridique. C'est un marché de 56 milliards d'euros. Alors, les trafiquants exploitent à fond les différences de législation pour obtenir les visas de leurs victimes, bénéficier des lois les plus clémentes quand ils sont arrêtés ..."

Afin que son travail ne serve pas à caler une table dans un ministère, Matiada en a fait un livre ( "L'esclavage sexuel : un défi à l'Europe", éd. de Paris). Et elle a convaincu des associations de lutte contre l'exploitation humaine de se réunir ( le Nid, Altaïr ... ). "Mon idée : organiser un réseau assez puissant pour que les autorités qui élaborent les lois n'oublient ni de travailler avec les gens du terrain, ni que les prostituées sont des victimes, pas des délinquantes ...".

Et Matiada commence tout juste sa carrière.

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Publié dans Société

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