Les chirurgiens en "exil"
Plusieurs centaines de chirurgiens libéraux français se sont symboliquement "exilés" hier en Grande-Bretagne, pour 4 jours, afin d'exiger que le gouvernement français tienne ses engagements pris il y a 8 mois.
L'accord conclu entre le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, les caisses d'assurance-maladie et les syndicats prévoyait une revalorisation des honoraires et une réduction des primes d'assurance.
Les chirurgiens libéraux dénoncent aussi une "judiciarisation" de leur profession, des charges trop élevées et un manque d'attractivité préjudiciable à la relève.
Depuis lundi, 2 500 d'entre eux observent, à l'appel du collectif Chirurgiens de France "une grève du bistouri" qui doit durer jusqu'à vendredi.
"On a choisi de s'"exiler" parce que les Anglais ont su se réformer, se moderniser et faire évoluer leur système de santé avec leur culture", expliquait le Dr Daniel Setton, chirurgien en orthopédie.
Des réunions de travail sont prévues avec des chirurgiens britanniques, notamment sur la nouvelle classification des actes médicaux.
Au-délà du sourire, la situation est réellement préoccupante :"Si on ne fait rien, dans 5 ans, la situation chirurgicale française sera catastrophique et on sera obligés de faire venir des praticiens des pays de l'Est pour nous opérer", affirme le Pr Philippe Cuq.