Khmers rouges privatisés
Où la mondialisation et la libéralisation ne vont-elles pas se nicher ?
Le mémorial du génocide mené au Cambodge par les Khmers rouges, sous le régime de Pol Pot, a été ... privatisé.
Pour ce faire, le gouverneur de Phnom Penh, Kep Chuktema, a signé un contrat de 30 ans avec la société japonaise JC Royal Company Co. Ltd, lui donnant l'autorisation de développer et gérer le site des "champs de la mort" de Cheoung Ek.
Cette privatisation du site a été critiquée par de nombreux Cambodgiens qui accusent les autorités de chercher à tirer profit d'un drame qui marque toujours la population. Le régime de Pol Pot (1975-79) a provoqué la mort de deux millions de Cambodgiens.
Le contrat permet à la société japonaise de faire du site une destination touristique, en échange du versement de 15 000 dollars par an, a précisé Mam Bun Neang, l'adjoint du gouverneur.
Les touristes paieront un droit d'entrée de 3 dollars par jour pour visiter le site, tandis que l'entrée sera gratuite pour les Cambodgiens. "Nous voulons que le site soir bien organisé pour que les touristes étrangers puissent le visiter", a-t-il précisé, affirmant fièrement : "Cela participera à la promotion de la réputation de notre pays".
C'est un peu comme si on privatisait Verdun, Oradour-sur-Glane ou Auschwitz, afin de tirer du profit du public qui, lui, vient pour se recueillir.