Miracles de Lourdes

Publié le par Mayounette

Ce médecin qui "filtre" les miracles de Lourdes

 

 

 

C'était avant-hier soir : on le croyait  dans son service de maladies respiratoires du CHU de Montpellier et il était sur le plateau d'Apostrophes.

 

C'était hier : on le pensait à l'Académie de Médecine et on le trouvait élu -aussi- à celle des Beaux-Arts.

 

C'es aujourd'hui : on l'imagine jeune retraité, tout entier dévoué à l'écriture, et il préside le comité médical de Lourdes.

 

 

Ainsi depuis 30 ans va le professeur François-Bernard Michel.

 

 

Médecin bien sûr, mais tout à la fois écrivain -lumineux essais sur les rapports entre souffle et écriture, touchants romans- membre, doublement de l'Institut de France. Et humaniste surtout, adjectif qui sous-tend sans doute cette vie multiforme.

 

 

Aujourd'hui, avec l'évêque de la ville, Mgr Jacques Perrier, il préside le comité médical de Lourdes. Car l'homme a la foi qui n'est peut-être que l'autre nom de son humanisme.

 

 

Entre deux séances à l'Académie de Médecine, deux autres à celles des Beaux-Arts -qu'il présidera l'an prochain- il va deux fois l'an retrouver au sein de la commission lourdaise des médecins venus de toute l'Europe. "Plutôt catholique mais pas forcément", dit-il.

 

 

C'est à cet aréopage scrupuleusement scientifique qu'est confiée la tâche d'examiner les cas qui laissent perplexes les médecins de la ville de Narnadette. Car il y a à Lourdes un bureau médical qui ne se cantonne pas à la seule assistance du million de pèlerins que la grotte miraculeuse voit passer tous les ans. Il recense aussi les déclarations de guérison spontanée.

 

 

"On en compte une trentaine en moyenne chaque année", dit le Pr Michel. Sur ce nombre, une dizaine est retenue pour examen. Sur cette dizaine, après consultations des dossiers médicaux, des médecins traitants, des hôpitaux concernés, "deux, trois, parfois quatre posent la question d'une guérison médicalement inexpliquée".

 

 

Mais il y a encore loin jusqu'au mot "miracle" : les médecins, la hiérarchie catholique restent prudents.

 

 

Le dernier officiellement reconnu date de 1999, l'avant-dernier de 1989. Une sclérose en plaque disparue -l'homme s'est levé de son fauteuil roulant- dans le premier cas, une tumeur au dernier stade pour le second. Au total, en 122 ans, l'Eglise a reconnu 66 miracles.

 

 

Le nouveau président de la commission médicale serait probablement plus sévère sur les statistiques : il y eut des temps héroïques où les médecins n'y regardaient pas de trop près.

 

 

Et puis, il ne veut pas, dit-il, "qu'on réduise Lourdes à cette histoire de miracles. Pour moi, c'est d'abord un lieu de foi, un point de tangence ciel-terre. Et le médecin sait bien que, pour guérir un corps qui souffre, la psychologie fait des miracles. Elle aussi."

 

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Publié dans Société

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