Il y a 56 ans ... L'assassinat de Gandhi

Publié le par Mayounette Mayounette

Il y'a 56 ans...L'assasinat de Gandhi
Gandhi, Mohandas (1869-1948), penseur, homme politique et dirigeant nationaliste indien, au rôle déterminant dans la lutte pour l'indépendance de l'Inde sous l'Empire britannique, et qui, par son charisme exceptionnel et sa célèbre doctrine de la « résistance passive », eut une influence intellectuelle bien au-delà des frontières de son pays.

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-  Vie de jeunesse et premiers combats

Né à Porbandar, dans l'État moderne du Gujarat, le 2 octobre 1869, Mohandas Karamchand Gandhi était issu d'une famille politiquement influente, ses deux grands-pères ayant été les Premiers ministres de deux petites principautés voisines. Il se rendit à Londres en 1888 pour étudier le droit, laissant derrière lui sa jeune femme, fut admis au barreau trois ans plus tard, et revint en Inde où il commença sa carrière de juriste. En 1893, il partit pour l'Afrique du Sud afin d'y travailler comme conseiller légal d'une firme indienne. Les vingt et une années qu'il passa dans cet État marquèrent un tournant crucial dans son existence. Victime de la ségrégation raciale, il prit le parti des opprimés, et lutta contre les injustices que subissaient les communautés indiennes et africaines. C'est au cours de ce combat, où il n'hésita pas à contourner les lois à ses risques et périls, qu'il élabora une nouvelle méthode de lutte contre l'iniquité : la « résistance non violente » ou satyagraha (la force de l'âme). Il parvint ainsi à améliorer les conditions sociales de ses compatriotes, obtenant par exemple la reconnaissance des mariages indiens et l'abolition du suffrage censitaire imposé à cette minorité. Pétri de culture indienne et occidentale, il s'engagea également dans une réflexion profonde sur sa propre religion et celles des autres peuples, prenant ce qu'il considérait être le meilleur de chacune. Il commanda une unité de la Croix-Rouge pendant la guerre des Boers et fonda près de Durban une commune organisée d'après les idées de Léon Tolstoï..

-   Combat pour l'indépendance de l'Inde

Revenu en Inde en 1914, il appuya les Britanniques durant la Première Guerre mondiale avec l'idée de gagner l'indépendance de son pays. Après avoir voyagé à travers toute l'Inde, il devint bientôt le dirigeant incontesté du Mouvement nationaliste indien. Presque à lui seul, il transforma le Congrès national indien (Indian National Congress), parti de classes moyennes et supérieures, en une puissante organisation nationale, ouverte à toutes les catégories sociales. À la suite du massacre d'Amritsar en 1920, il entreprit une campagne nationale de désobéissance civile, de non-coopération avec le gouvernement de l'Inde britannique et de boycott des produits britanniques, ce qui lui valut un premier emprisonnement de deux ans de 1922 à 1924. À partir de 1925, convaincu que l'indépendance ne pouvait se faire sans une transformation morale et sociale radicale, Gandhi lança la campagne « bonne volonté », un programme de lutte contre les préjudices sociaux vis-à-vis du travail manuel, et des « intouchables » auxquels, quoique lui-même de caste « supérieure », il s'identifia toute sa vie. Il encouragea la valorisation des langues indigènes et le retour à la filature manuelle comme moyen de subsistance pour les populations paupérisées. Ascète épris de spiritualité, riche des traditions indiennes et de la culture moderne occidentale, Gandhi donna alors à l'hindouisme une inflexion politique et sociale nouvelle, inspirée par d'autres civilisations. Il améliora la méthode du satyagraha et élabora ce qu'il appelait la « science nouvelle de la non-violence ». Il s'agissait de convertir moralement l'adversaire par une délicate « chirurgie de l'âme ». En 1930, le Mahatma (du sanskrit, « grande âme »), ainsi surnommé par le poète Rabindranath Tagore, amorça une nouvelle phase dans la campagne de désobéissance civile en appelant au boycott des impôts, sur le sel en particulier, et en lançant la célèbre marche à la mer. Des milliers d'Indiens suivirent Gandhi d'Ahmadabad à la mer d'Oman, d'où ils tirèrent du sel en évaporant de l'eau de mer. Suite à cet acte de défi hautement symbolique, Gandhi fut de nouveau arrêté. Relâché en 1931, il ne fit cesser la campagne que lorsque les Britanniques accédèrent à ses demandes.

En 1932, Gandhi entreprit de nouvelles campagnes de désobéissance civile contre les Britanniques. Deux ans plus tard, il abandonna officiellement son action politique et il fut remplacé à la tête du parti du Congrès par Jawaharlal Nehru. Il effectua ensuite une grande tournée dans toute l'Inde, enseignant et encourageant la réforme sociale. En 1939, il reprit son action politique active, combattit le mouvement de fédération des principautés indiennes avec le reste de l'Inde, entrepris par les Britanniques, et tenta de rapprocher les différentes communautés religieuses indiennes. Le jeûne constituait une arme de conviction efficace, Gandhi menaçant de se priver de nourriture jusqu'à ce que mort s'ensuive si les clivages castiques et religieux entre hindous et musulmans ne disparaissaient pas. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le parti du Congrès et Gandhi décidèrent de ne pas soutenir la Grande-Bretagne à moins d'une indépendance complète et immédiate. Même après l'entrée en guerre du Japon, Gandhi refusa d'accepter la participation indienne. Lançant le mot d'ordre quit India (« abandonnez l'Inde »), il fut interné en 1942 mais libéré deux ans plus tard en raison de sa santé déficiente. Le gouvernement britannique accepta l'indépendance en 1944, mais à condition que le parti du Congrès et la Ligue musulmane règlent leurs différends.

-  Combat pour la paix

Si l'Inde put proclamer son indépendance le 15 août 1947, Gandhi ne vit que partiellement récompenser la lutte de toute une vie : contre ses vœux, la partition de l'Inde et du Pakistan en deux États indépendants eut bien lieu. Les sanglantes émeutes qui déchirèrent les communautés hindoue et musulmane marquèrent les limites de la non-violence. Durant la guerre civile (1946-1947), Gandhi tenta au péril de sa vie d'apaiser les haines, d'arbitrer le conflit et de restaurer un climat d'humanité. Il réussit par ses jeûnes à faire cesser les violences à Calcutta et New Delhi. Lorsque le gouvernement de l'Inde indépendante décida, avec l'assentiment populaire, de renier sa promesse de donner au Pakistan sa part des biens, il fit front au pays tout entier et réussit, en jeûnant, à calmer les tensions. Cela irrita profondément une partie des nationalistes hindous : l'un d'entre eux, après s'être respectueusement incliné devant lui, l'assassina lors d'une réunion de prière le 30 janvier 1948.

-  Conceptions morales et philosophiques

L'originalité et la force de conviction exceptionnelle de Gandhi repose sur une savante combinaison entre le politique, le religieux, un ascétisme et une philosophie toute personnelle. Luttant déjà simultanément sur les fronts sociaux, économiques, et politiques, Gandhi entreprit une bataille encore plus acharnée sur le plan personnel. Déterminé à s'élever vers la perfection, il tenta d'atteindre un contrôle total de son corps. Dès 1901, il se livra à des expériences audacieuses de maîtrise de soi sur le plan sexuel. Rejetant la « couardise » du célibat des religions traditionnelles, il vécut parmi ses associées féminines et se donna pour but d'explorer les limites extrêmes de la sexualité afin de démontrer qu'il était possible d'atteindre une innocence « absolue », semblable à celle des enfants. La pensée morale et politique de Gandhi est fondée sur une métaphysique relativement simple. Pour lui, l'univers est dirigé par une Intelligence ou Principe suprême qu'il appelle satya (Vérité) ou, pour sacrifier aux conventions, Dieu. Ce principe est incarné dans tous les êtres vivants, et surtout chez les êtres humains, sous forme d'une âme ou esprit conscient de lui-même. Puisque tous les hommes participent de l'essence divine, ils sont « fondamentalement un ». Ils ne sont pas simplement égaux mais « identiques », de sorte que l'amour est la seule forme de relation acceptable entre eux. De façon positive, l'amour signifie s'inquiéter et prendre soin des autres et se dévouer tout entier à la tâche « d'essuyer toute larme de chaque œil ». De façon négative, il implique l'ahimsa ou non-violence. La pensée politique et sociale de Gandhi, y compris sa théorie du satyagraha, est toute entière une tentative d'appliquer le principe d'amour dans tous les domaines de la vie. L'État représente « la violence sous forme concentrée ». Synonyme d'obligations et d'uniformité, il sape l'esprit d'initiative et la confiance en soi, et enlève toute humanité à ses sujets.

-  Conceptions politiques et sociales

Ces conceptions ont conduit Gandhi à élaborer une utopie de la société non violente. Nécessaire à l'organisation sociale, l'État doit être structuré de manière à réduire au minimum les moyens de coercition et à laisser le plus de marge possible à l'initiative privée. Une société véritablement non violente serait constituée de manière fédérale et composée de petites communautés villageoises autonomes et relativement autarciques, s'appuyant principalement sur les pressions morales et sociales. Les policiers y seraient, par exemple, des sortes d'assistants sociaux bénéficiant de la confiance et de l'appui de la communauté locale. De même, le crime y serait traité comme une maladie, non par la punition mais par la compréhension et l'aide. L'armée disparaîtrait, la résistance passive tenant lieu de défense contre tout envahisseur. La règle du consensus remplacerait celle de la majorité non respectueuse de l'intégrité morale de la minorité. Ce consensus devrait être obtenu par une discussion rationnelle, véritable processus d'approfondissement et d'élargissement de la conscience des participants. Dans le cas d'un impossible consensus, la majorité déciderait de la question, pour des raisons administratives et pratiques. Si un citoyen était moralement troublé par une décision de la majorité, il aurait le droit d'en être exempté et même de lui désobéir. La résistance passive est un droit « moral ». L'abandonner, c'est perdre le respect de soi-même et son intégrité. La société non-violente se doit également d'assurer la sarvodaya, la croissance ou l'élévation de tous ses citoyens. La propriété privée dénie « l'identité » ou « l'unicité » de tous les hommes et elle est, par là, immorale.

Pour Gandhi, c'est « un péché contre l'humanité » que de posséder des richesses superflues alors que d'autres ne parviennent même pas à satisfaire leurs besoins vitaux. Puisque la propriété privée existe déjà et que les hommes y sont attachés, il pensait que les riches ne devraient prendre que ce dont ils avaient besoin et garder le reste en dépôt pour la communauté. Il suggéra ensuite de forcer la mise en œuvre de ce fidéicommis par la pression sociale organisée, et même par des lois. Des impôts élevés, des droits d'héritage limités et la nationalisation sans compensation des terres et de l'industrie lourde permettraient de créer une société juste et égale.

-   Influence de la pensée de Gandhi

L'influence intellectuelle de Gandhi sur ses compatriotes fut considérable. Certains étaient séduits par la décentralisation politique et économique qu'il préconisait, d'autres par l'importance qu'il attachait à la liberté individuelle et à l'intégrité morale, d'autres encore par son satyagraha et son activisme politique. Certains spécialistes expliquent l'absence de mouvement politique véritablement radical en Inde par l'influence de Gandhi. On peut également penser qu'il est parvenu à cultiver l'esprit de non-violence et à encourager des habitudes d'autosuffisance collective, tout en établissant les fondations d'un gouvernement démocratique stable. Les idées de Gandhi se sont également fortement répandues hors de l'Inde, inspirant les mouvements non violents, communautaires et de retour à la nature caractéristiques des hippies des années 1960-1970 en particulier.

Finalement, le 25 janvier 1948, après être sorti d'une réunion de prières, il fût assassiné par un fanatique hindou du nom de Nathuram Godse.

 

Je remercie maximilia pour m'avoir donné le lien de ce site :) poutous poutous max :)

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Publié dans mayounette

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