Il y a 56 ans ... L'assassinat de Gandhi
---
![]() |
http://www.styvoo.ch/modules.php?name=News&file=article&sid=298 http://www.styvoo.ch/ http://www.altermonde.levillage.org/syndication.php3 http://www.altermonde.levillage.org http://www.non-violence.org/
Vie de jeunesse et premiers combats
![]() |
Combat pour l'indépendance de l'Inde
![]() |
![]() |
Combat pour la paix
Si l'Inde put proclamer son indépendance le 15 août 1947, Gandhi ne vit que partiellement récompenser la lutte de toute une vie : contre ses vux, la partition de l'Inde et du Pakistan en deux États indépendants eut bien lieu. Les sanglantes émeutes qui déchirèrent les communautés hindoue et musulmane marquèrent les limites de la non-violence. Durant la guerre civile (1946-1947), Gandhi tenta au péril de sa vie d'apaiser les haines, d'arbitrer le conflit et de restaurer un climat d'humanité. Il réussit par ses jeûnes à faire cesser les violences à Calcutta et New Delhi. Lorsque le gouvernement de l'Inde indépendante décida, avec l'assentiment populaire, de renier sa promesse de donner au Pakistan sa part des biens, il fit front au pays tout entier et réussit, en jeûnant, à calmer les tensions. Cela irrita profondément une partie des nationalistes hindous : l'un d'entre eux, après s'être respectueusement incliné devant lui, l'assassina lors d'une réunion de prière le 30 janvier 1948.
Conceptions morales et philosophiques
L'originalité et la force de conviction exceptionnelle de Gandhi repose sur une savante combinaison entre le politique, le religieux, un ascétisme et une philosophie toute personnelle. Luttant déjà simultanément sur les fronts sociaux, économiques, et politiques, Gandhi entreprit une bataille encore plus acharnée sur le plan personnel. Déterminé à s'élever vers la perfection, il tenta d'atteindre un contrôle total de son corps. Dès 1901, il se livra à des expériences audacieuses de maîtrise de soi sur le plan sexuel. Rejetant la « couardise » du célibat des religions traditionnelles, il vécut parmi ses associées féminines et se donna pour but d'explorer les limites extrêmes de la sexualité afin de démontrer qu'il était possible d'atteindre une innocence « absolue », semblable à celle des enfants. La pensée morale et politique de Gandhi est fondée sur une métaphysique relativement simple. Pour lui, l'univers est dirigé par une Intelligence ou Principe suprême qu'il appelle satya (Vérité) ou, pour sacrifier aux conventions, Dieu. Ce principe est incarné dans tous les êtres vivants, et surtout chez les êtres humains, sous forme d'une âme ou esprit conscient de lui-même. Puisque tous les hommes participent de l'essence divine, ils sont « fondamentalement un ». Ils ne sont pas simplement égaux mais « identiques », de sorte que l'amour est la seule forme de relation acceptable entre eux. De façon positive, l'amour signifie s'inquiéter et prendre soin des autres et se dévouer tout entier à la tâche « d'essuyer toute larme de chaque il ». De façon négative, il implique l'ahimsa ou non-violence. La pensée politique et sociale de Gandhi, y compris sa théorie du satyagraha, est toute entière une tentative d'appliquer le principe d'amour dans tous les domaines de la vie. L'État représente « la violence sous forme concentrée ». Synonyme d'obligations et d'uniformité, il sape l'esprit d'initiative et la confiance en soi, et enlève toute humanité à ses sujets.
Conceptions politiques et sociales
Ces conceptions ont conduit Gandhi à élaborer une utopie de la société non violente. Nécessaire à l'organisation sociale, l'État doit être structuré de manière à réduire au minimum les moyens de coercition et à laisser le plus de marge possible à l'initiative privée. Une société véritablement non violente serait constituée de manière fédérale et composée de petites communautés villageoises autonomes et relativement autarciques, s'appuyant principalement sur les pressions morales et sociales. Les policiers y seraient, par exemple, des sortes d'assistants sociaux bénéficiant de la confiance et de l'appui de la communauté locale. De même, le crime y serait traité comme une maladie, non par la punition mais par la compréhension et l'aide. L'armée disparaîtrait, la résistance passive tenant lieu de défense contre tout envahisseur. La règle du consensus remplacerait celle de la majorité non respectueuse de l'intégrité morale de la minorité. Ce consensus devrait être obtenu par une discussion rationnelle, véritable processus d'approfondissement et d'élargissement de la conscience des participants. Dans le cas d'un impossible consensus, la majorité déciderait de la question, pour des raisons administratives et pratiques. Si un citoyen était moralement troublé par une décision de la majorité, il aurait le droit d'en être exempté et même de lui désobéir. La résistance passive est un droit « moral ». L'abandonner, c'est perdre le respect de soi-même et son intégrité. La société non-violente se doit également d'assurer la sarvodaya, la croissance ou l'élévation de tous ses citoyens. La propriété privée dénie « l'identité » ou « l'unicité » de tous les hommes et elle est, par là, immorale.
![]() |
Pour Gandhi, c'est « un péché contre l'humanité » que de posséder des richesses superflues alors que d'autres ne parviennent même pas à satisfaire leurs besoins vitaux. Puisque la propriété privée existe déjà et que les hommes y sont attachés, il pensait que les riches ne devraient prendre que ce dont ils avaient besoin et garder le reste en dépôt pour la communauté. Il suggéra ensuite de forcer la mise en uvre de ce fidéicommis par la pression sociale organisée, et même par des lois. Des impôts élevés, des droits d'héritage limités et la nationalisation sans compensation des terres et de l'industrie lourde permettraient de créer une société juste et égale.
Influence de la pensée de Gandhi
L'influence intellectuelle de Gandhi sur ses compatriotes fut considérable. Certains étaient séduits par la décentralisation politique et économique qu'il préconisait, d'autres par l'importance qu'il attachait à la liberté individuelle et à l'intégrité morale, d'autres encore par son satyagraha et son activisme politique. Certains spécialistes expliquent l'absence de mouvement politique véritablement radical en Inde par l'influence de Gandhi. On peut également penser qu'il est parvenu à cultiver l'esprit de non-violence et à encourager des habitudes d'autosuffisance collective, tout en établissant les fondations d'un gouvernement démocratique stable. Les idées de Gandhi se sont également fortement répandues hors de l'Inde, inspirant les mouvements non violents, communautaires et de retour à la nature caractéristiques des hippies des années 1960-1970 en particulier.
Finalement, le 25 janvier 1948, après être sorti d'une réunion de prières, il fût assassiné par un fanatique hindou du nom de Nathuram Godse.
![]() |
Je remercie maximilia pour m'avoir donné le lien de ce site :) poutous poutous max :)





